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Danse :: 20h30 Au Théâtre - Jeudi 19 mars 2009
Âataba (Le Seuil)
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De l'architecture au spectacle vivant
Après un baccalauréat en sciences expérimentales, Taoufiq Izzediou est diplômé en architecture. Par la suite, il va s'exercer au théâtre, à la boxe, au foot, à divers métiers dans l'artisanat et pratique la danse. Il suivra des formations en danse contemporaine entre l'Afrique et l'Europe (sous la direction de Georges Appaix, Sam Louwick, Ornella d'Augustino, Bernardo Montet et Louis Ayet ...).
Son répertoire
2000 - 170 huit pas avec les artistes
2001 - Danse Nord
2002 - Je crie dans mon délire
2003 - Fina Kenti
2004 - Clandestins, Coeur sans corps
2006 - Déserts, désirs avec Bouchra Ouizguen
2008 - ÄATABA (le seuil)
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Taoufiq IZEDDIOU :
« Il est d'autres seuils dans mon pays dont le franchissement suppose au-delà de la tradition d'autres considérations. Les établissements privés se sont multipliés ces dernières années : boîtes de nuits, bars, sans compter les soirées chez des amis. Souvent situés dans des sous-sols, ces lieux demandent une certaine adresse... en l'espace de quelques marches vous vous retrouvez dehors à l'air libre : là, plus question de tituber, plus de débauche. Il s'agit d'être impeccable. La police n'est jamais loin.
De nombreux marocains - homme et femmes - mènent ainsi une double vie, qui pour certains révèle d'une vraie hypocrisie sociale : on peut être un homme intègre aux yeux de ses proches dans la journée et danser le soir au bras d'une jeune fille d'une autre ville si ce n'est une prostituée.
Et pourtant, ce que je vois dans cet homme à cet instant-là, c'est un sourire, une pause dans les convenances - une liberté. Cette liberté, ne serait-ce que son parfum, c'est ce que nous recherchons dans ces lieux cachés. Ils sont variables, allant du vrai boui-boui à la soirée sélect.
Quelle identité pour cette danse ? Elle est en train de naître de mon pays. Le Maroc a toujours été au carrefour d'influences :les berbères avec leur danse, les arabes avec l'islam, puis l'Espagne, les juifs, les esclaves arrivant d'Afrique. Je suis moi-même de famille gwana, descendant d'esclaves, d'une famille de danseurs et musiciens, mais également ancien boxeur, étudiant en théâtre et en danse, puis danseur formé en Europe...
Notre identité naissante est dans la rencontre de ces influences passées et nouvelles. Pour ces corps cachés - et si libres à la fois - seules des femmes peuvent à mes yeux porter, raconter ces êtres dans toutes leurs métamorphoses, leurs états, leurs joies et souffrances, leur violence, leur peur, leurs désirs, et les déposer auprès du spectateur - au seuil d'un nouveau regard. »
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