
Dès la première moitié du XIIIe siècle, voire
au XIIe siècle, les fenêtres des maisons ont été
dotées, pour certaines, de vitraux multicolores.
La fragilité du verre explique la rareté des vitraux conservés
en place ou des vestiges retrouvés à proximité des maisons.
À Cahors n'ont été retrouvés que trois fragments
de verre médiéval : un
verre lie de vin et
un verre jaune provenant des écoinçons d'un oculus de
l'hôtel du n° 52 rue de Lastié [notice],
et un petit verre
blanc orné d'un feuillage peint à la grisaille provenant
du n° 88 rue des Soubirous [notice],
retrouvé dans une fosse de latrines.
A partir du milieu du XIIIe siècle, un jour est percé
dans le tympan des baies
géminées : il prend la forme d’un carré
sur la pointe réalisé en brique ou d’un oculus polylobé
en pierre. Puis le tympan est remplacé par un réseau de pierre
qui peut être entièrement vitré (L'évolution
de la fenêtre du XIIe au XIVe siècle). Le verre est inséré
dans des feuillures
taillées à cet effet dans la pierre. Il est maintenu au-dessus
de la partie ouvrante de la fenêtre par une barre métallique
placée à hauteur d’imposte.
Nous avons une illustration de ce dernier système sur la peinture
du mur sud de la nef de la cathédrale Saint-Etienne [notice]
: les trois fenêtres
à remplage du bâtiment au second plan ont une traverse
métallique à hauteur d'imposte et des volets pleins
en partie basse. La baie
à remplage, empruntée à l'architecture religieuse,
pose dans la maison le problème de son ouverture (dans les églises,
les vitraux sont fixes et les fenêtres n'ont pas besoin de volets).
On a ainsi connu une période d'inadaptation entre le plan du verre
encastré dans les feuillures
des réseaux de pierre, et celui de la fermeture des volets en bois
plaqués sur le revers du trumeau,
qui a remplacé la colonnette des fenêtres
géminées.
Ce problème trouve sa solution avec l’adoption de la croisée,
où la traverse
métallique est remplacée par la traverse en pierre
qui sépare désormais complètement la partie supérieure
garnie de verre fixe et la partie basse ouvrante.



