


Nous retrouvons dans les maison conservées dans le centre de la cité le "schème grand degré / Aula" que l'on retrouve aussi dans les maisons médiévales de Montpellier. Ainsi, le foyer se situe à l'étage qui est largement ouvert sur la rue par les fenêtres alignées qui éclairent l'aula ou salle d'apparat. On accède à cette pièce de prestige depuis la cour de la parcelle, en empruntant le grand degré qui est l'escalier monumental situé à l'arrière de la maison.
Parfois plusieurs corps de bâtiments appartenant à une unique propriété communiquent entre eux par des galeries en bois qui parcourent les façades postérieures ou les murs mitoyens.
À cahors nous distinguons trois types de demeure médiévale
: la maison, le palais et l'hôtel. Les trois habitations, quelque soit
sa taille où sa complexité obéissent au schème
mentionné. En survolant les termes ci-contre vous verrez apparître
une image illustrant chaque édifice.
La circulation dans la maison : la salle et l'escalier
Dans le centre-ville de Cahors, nous distinguons trois types de demeures
médiévales : la maison, le palais et l'hôtel (en survolant
ces termes dans le sous-titre vous verrez apparaître une image illustrant
chaque type d'édifice).
L’habitation se situe toujours à l'étage, où la
pièce la plus importante est l'aula ou
salle d'apparat. On accède à cette pièce de prestige
en empruntant l’escalier monumental, ou "grand degré",
placé dans la cour.
La salle (ou aula)
Cette pièce est le cœur social et domestique de l'humble maison
aussi bien que du palais ou de l'hôtel. C'est là que le seigneur
et maître, le père de famille ou l'évêque, reçoit,
et le visiteur ne pénètre véritablement dans la demeure
que s'il rentre dans la salle. Elle est de loin la pièce la plus grande
de l’habitation et son équipement principal est la cheminée
(au moins à partir du début du XIIIe siècle). Au palais
Duèze [notice]
on conserve les vestiges de l'énorme cheminée qui occupait tout
le pignon sud de l'aula.
La salle entretient un rapport privilégié avec l'espace public
: les fenêtres alignées dans le mur de la façade sur rue
procurent une abondante lumière à la pièce, mais elles
signalent aussi au passant l'importance de l'aula, de la maison et
de la famille qui y demeure.
Mais la fenêtre traduit un double rapport de la salle avec la rue :
il s'agit de voir autant que d'être vu. Ceci se traduit par la présence
des coussièges
systématiquement aménagés dans les embrasures
des fenêtres de toute demeure médiévale, où l’on
s’assoit pour profiter de la lumière du jour et regarder le spectacle
de la rue
L'escalier et le "grand degré"
Dans de nombreuses maisons médiévales de petite taille (à
un seul corps de bâtiment), l'escalier qui monte vers l'aula
se trouve directement derrière la porte qui côtoie la baie de
boutique, et il est souvent séparé du commerce par une cloison.
À Cahors, nous avons des traces sûres de cette disposition dans
deux maisons seulement (N° 57 rue Clément-Marot [notice]),
mais aucun escalier de ce type n'a été conservé. Pour
tous les autres édifices, c'est le "grand degré" placé
dans la cour qui assure l'accès vers la salle d'apparat.
À l'heure actuelle nous conservons cinq escaliers datant de la période
médiévale à Cahors, ce qui constitue une série
tout à fait exceptionnelle.
Généralement, dans les parcelles où la place le permet,
l'escalier développe deux volées en retour d'équerre
(formant un angle de 90°) séparées par un palier qui dessert
éventuellement un niveau d'entresol (comme au
N° 42 rue de la Daurade [notice],
ou à l'hôtel
de la rue de Lastié [notice]par
exemple). Les volées d'escaliers sont portées par des arcs
maçonnés.
Quand la cour n’est pas suffisamment grande, le grand degré peut
comporter deux volées droites sur un même axe toujours séparées
par un palier desservant un niveau d'entresol : c'est le cas au N°
82 rue du Bousquet [notice].
