La campagne de prélèvements dendrochronologiques effectuée au printemps 2010 confirme les hypothèses de datation émises sur les constructions cadurciennes.
Les différentes analyses menées sur les 4 sites cadurciens (voir article précédent) permettent de certifier que la ville conserve les plus anciennes maisons en pan de bois du sud de la France.
En effet, les deux maisons situées au 12, rue de la Daurade et au 46, rue Donzelle, ont été datées de la fin du 13e siècle. Elles conservent des assemblages faits à mi-bois et en demie queue d'aronde que l'on ne retrouve que ponctuellement en ville. Ce mode de construction a fait l'objet d'une analyse précise au cours de l'année 2010 (voir publication « Le pan de bois » du service patrimoine de la Ville de Cahors).

12, rue de la Daurade : date d'abattage 1273-1274.
46, rue Donzelle : date d'abattage 1288-1289
Les prélèvements du bâtiment du 12, rue de la Daurade, ont établi que les billes de bois utilisées ont été coupées au cours de l'automne hiver 1273-1274. La construction serait intervenue très peu de temps après, à savoir autour de 1275. Il s'agit donc de la plus ancienne maison en pan de bois de Cahors.
La maison située au 46, rue Donzelle, a été construite à la même période. Deux séries de prélèvements ont permis de fixer les dates d'abattage aux années 1288-1289. La construction daterait des environs de 1290, soit 15 ans après celle de la rue Daurade.
Ces deux constructions sont d'une importance capitale car elles nous permettent de récolter des informations précieuses sur les modes de constructions de la fin du 13e siècle. Elles fournissent de la matière scientifique et technique qui est destinée à améliorer notre approche en matière de connaissance et de protection du patrimoine.
Jusqu'à présent aucun exemple entièrement conservé n'avait été mis au jour dans le sud de la France. Cahors révèle une fois encore son énorme potentiel car non contente de détenir les deux seuls exemples de constructions en pan de bois de la fin du 13e siècle identiées à ce jour, les recherches de terrain ont montré que plusieurs autres maisons à façade en pan de bois pouvaient aussi dater de cette période.
La poursuite de ce travail quotidien est donc indispensable pour pouvoir répertorier et étudier ces constructions millénaires.

75, rue Clément Marot : date d'abattage 1283-1284
Quai de Regourd : estimation milieu 15e siècle
Les deux plafonds analysés au cours de la même campagne ont aussi apporté des informations importantes.
Le plafond du 75, rue Clément Marot, a été aussi daté de la fin du 13e siècle. En effet, l'allure du bâtiment permettait d'envisager cette datation. Elle a donc été confirmée et validée par cette analyse dendrochronologique. Les arbres constituant les solives du plafond de l'entresol ont été abattus au cours des années 1283-1284. Le plafond d'origine date donc de cette période. Une poutre maitresse, placée sous l'ensemble de la structure comme renfort, a été installée à la fin du 15e siècle. En effet cette pièce d'une très forte section, a été abattue à l'automne hiver 1485-1486. Elle était destinée à soutenir l'ensemble du plafond et de la structure globale du bâtiment.
Le plafond situé quai de Regourd, dans l'ancienne Chambre des Commerces, n'a pas pu être daté avec précision. En effet, peu de prélèvements avaient été faits et le nombre insuffisant de cernes obtenus ne permettent de faire une estimation précise. L'allure globale de la structure et les quleques indices donnés par les prélèvements pourraient cependant orienter la datation aux alentours des années 1450. Des prélèvements supplémentaires devraient être pratiqués au cours de l'année 2011.
La dendrochronologie - année 2010
Contact : Tél. 05 65 20 88 84
Photos : Cécile Fock Chow Tho - Ville de Cahors - Service Patrimoine

