Dans une élégante scénographie de Stéphane Ceccaldi et Jacques Haramburu, le musée de Cahors a proposé pendant trois mois la déclinaison lotoise de l'exposition réalisée par le musée de la Grande Loge en 2010. Depuis près de trois siècles, les francs-maçons se réunissent pour réfléchir en commun à la construction d'une société de progrès, de tolérance et de perfectionnement de la condition humaine. Le local dans lequel ils se réunissent est communément dénommé Temple, en grande partie par analogie au mythique Temple de Salomon, considéré comme la bâtisse idéale qui incarne, physiquement ou symboliquement, la construction parfaite qui doit être le but à atteindre. Le temple maçonnique en tant que construction apparaît dès le siècle des Lumières et les plus belles réalisations comme les plus simples sont édifiées selon des codes définitivement établis à partir des rituels institués entre la fin du XVIIIe et le début du XIXe siècle, dans des styles cependant souvent distincts selon les périodes chronologiques successives. A travers la présentation de 300 objets de toutes formes et de tous supports, le grand public a pu appréhender la mise en place des cadres et règles de l'architecture maçonnique et leur évolution, phénomène réel mais souvent peu évident à déceler au premier coup d'oeil. Des évocations du cabinet de réflexion et du Temple ont permis d'expliquer les usages des espaces du Temple qui ne prennent leur caractère sacré que grâce aux pratiques qui s'y déroulent, telles qu'initiations, réunions ou tenues funèbres.