c
c

[ Objets des mers du sud]

 

Cet objet, ce « personnage » comme disent les Anglais, aurait dû pourrir sur les pentes du Mont Duff. Il aurait dû flotter entre les récifs de corail, croiser des raies Manta et trouver la passe du grand Océan qui l’a engendré. Il aurait dû finir en cendres après avoir nourri ses « frères » lors du grand banquet cannibale dressé à Akamaru par des fils de paysans beaucerons et quercynois en soutane. Il aurait dû être « sauvé de la destruction » par un missionnaire ou par un marin galonné, au sang bleu comme la vareuse et la loge qui l’ont initié. L’histoire aurait été plus simple. Cet objet, « cette curiosité » comme disent les Français, aurait du vieillir comme tant d’autres dépouilles dans la vitrine d’un musée, gardée par des « gueules cassées », en blouse grise et casquette étoilée, dans un de ces lieux livides où l’on conduit le dimanche les enfants de la bourgeoisie pour qu’ils sachent ce qui les attend, avec ces sauvages typiques, ces indigènes à asservir encore.
Mais cet objet s’est « échappé » de Mangareva avant l’arrivée des missionnaires et est devenu depuis peu l’emblème du musée de Cahors où il est maintenant soigneusement protégé et éclairé dans une boîte de plexiglas, maintenue à 20° Celsius et 55% d’humidité relative. D’abord qualifié de « Fétiche des îles Gambier » dans le « Relevé des dépenses relatives au Muséum départemental effectuées pendant les exercices 1832, 33, 34, 35 et 36 », il s’est abrité sous la fausse identité de « Divinité Néo-Calédonienne » dans le catalogue imprimé de 1883 avant de disparaître des registres de l’administration et de se replier, jusqu’au 4 septembre 2000, dans le placard d’une réserve poussiéreuse, entouré de casse-tête des Fidji et de pagaies des Australes. Probablement reçu sur les côtes du Chili des mains de Jacques-Antoine Moerenhout et remis en ex-voto, en pardon, par le Capitaine de vaisseau Joseph Bonafous-Murat, au musée départemental du Lot, le voici tel qu’il nous apparaît aujourd’hui. .

albastre

Légende : Légende : Rongo. Polynésie française, Îles Gambier, Mangareva Pagaie cérémonielle. Polynésie française, Îles Australes. Antérieure à 1832. Pagaie ovale incisée de motifs géométriques - croisillons - répartis en bandes verticales et horizontales ; manche cylindrique, rectiligne gravé des mêmes motifs répartis en cinq registres ; pommeau sculpté en frise circulaire de figures féminines stylisées.
Inv. MCHM Ca.5.140.

crédits photos : Nelly Blaya

 

 

                


musée de cahors henri-martin
| Site officiel de la Ville de Cahors | Ministère de la Culture |

Conception et réalisation mairie de la ville de Cahors
Direction de la communication - Internet

Site ville de Cahors
Musée de France