Conceptuelle, historique, engagée, ethnographique, de nu, de mode, animalière, jamais la photographie en tant qu'Art n'a été autant cataloguée, exposée, diffusée, vendue et commentée qu'aujourd'hui.
Les artistes sont à la « hune ». Le monde défile sous leurs yeux, ils le scrutent dans le rond de leurs lunettes. Cathodiques ou imprimées, leurs images couvertes de sels d'or ou d'argent, composées de pixels, comblent des vides infinis qui participent de notre histoire autant qu'ils la façonnent. Elles sont nos cartes du monde, nos envies, nos rêveries. Plus rien n'échappe à la théâtralisation de la photothèque mondiale. Nous sommes irrémédiablement liés à l'Image dans le lieu et le sujet, le temps et le regard, le capteur et l'action.
Cahors fut pendant dix ans (1991-2000) au devant de la scène - Printemps de Cahors - souvenirs et catalogues en témoignent. Puis vint le temps d'un cycle d'expositions et de commandes passées à trois artistes photographes-vidéastes - Bogdan Konopka, Esther Shalev-Gerz et Alain Turpault - en vue de constituer une collection consacrée aux Images de la ville.
En cet automne 2007 Alain Turpault a choisi d'exhumer des collections photographiques lotoises, de connaître l'expérience quelque peu troublante qui consiste à s'approprier le travail d'un autre photographe, à pénétrer l'intimité qui l'unissait à son modèle, à les présenter dans leur intégrité, quitte à trahir l'idée qu'il se faisait de la « belle image ».
.